Cette étude met en question le « fait stylé » (Olken & Singhal, 2011) selon lequel les impôts informels seraient redistributifs mais régressifs, en analysant la nature redistributive de ces impôts dans le secteur de l’éducation en RDC. Bien que l’on ait soutenu que les impôts informels, comme les autres impôts indirects, sont régressifs puisqu’ils affectent de manière disproportionnée les familles à faible revenu, nous
constatons qu’ils sont distribués de manière progressive dans le cas de l’éducation en RDC, les 20 % de ménages les plus riches acquittant quatre cinquièmes de la charge totale du secteur.
Bien que progressive dans l’espace des revenus, la fiscalité informelle ne peut toutefois être considérée comme « juste » ou « équitable » : les ménages les plus aisés financent une part disproportionnément plus élevée du coût total de l’éducation, à la fois parce que les enfants des ménages plus pauvres quittent l’école plus tôt et parce que les ménages plus aisés peuvent payer des établissements de meilleure qualité. La nature redistributive des impôts informels disparaît après contrôle de ces deux effets.