Les paiements d’impôt se font de plus en plus par voie numérique dans les pays à revenu faible et intermédiaire, en particulier en Afrique, où la mobilisation des recettes reste décisive. Des obstacles freinent toutefois une adoption plus large, et l’on comprend encore mal les effets d’une obligation faite à tous les contribuables d’employer des outils numériques.
Nous avons examiné ces questions en Eswatini en mesurant l’effet du paiement numérique de l’impôt sur le civisme fiscal, en considérant à la fois l’adoption volontaire et l’adoption imposée, après la politique de « zéro espèces » d’avril 2021.
En théorie, les paiements numériques peuvent réduire les coûts de conformité, limiter les occasions de corruption et accroître la commodité. Ils créent des traces vérifiables, améliorant la transparence et l’exactitude, en particulier lorsqu’ils sont intégrés à la télédéclaration. Pour les administrations, ils accélèrent le recouvrement, réduisent les fuites et améliorent le contrôle grâce à des données de meilleure qualité. Leur adoption est cependant freinée par la persistance des espèces, une faible littératie numérique, une connectivité fragile et des obstacles administratifs.
Ces réformes sont directement pertinentes pour l’agenda mondial des infrastructures publiques numériques, où des paiements numériques interopérables et inclusifs sont reconnus comme une brique essentielle, aux côtés des identités numériques et de l’échange de données, permettant aux gouvernements de fournir des services publics plus rapides, plus sûrs et mieux intégrés.
Résumé de l’African Tax Administration Paper 43.