Les 26 et 27 août, l’African Tax Administration Forum (ATAF) a organisé son 4e Dialogue de haut niveau sur la politique fiscale, en partenariat avec la Commission de l’Union africaine (CUA) et avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD). Cet événement virtuel avait pour thème « Taxing Rights for Africa in The New World and the Effects of Covid-19: The Role of Tax Policymakers and Tax Administrators ». Plus de 500 responsables publics, experts, membres d’organisations régionales et internationales, bailleurs et représentants de la société civile y ont participé. Le Dr Wilson Prichard, directeur général de l’ICTD, et la Dre Vanessa van den Boogaard, chargée de recherche, étaient invités à intervenir et à prendre part aux discussions.
Le Dr Prichard s’est exprimé lors de la deuxième table ronde, aux côtés de M. Alvin Mosioma (Tax Justice Network Africa), de la Dre Yakama Jones (ministère des Finances de Sierra Leone), du Dr Abdoulaye Coulibaly (Banque africaine de développement) et de la Dre Amélia Nakhare (Mozambique Revenue Authority). La session portait sur la mobilisation des ressources intérieures en Afrique et sur les principaux enseignements que les économies africaines peuvent tirer de la pandémie de Covid-19. Le Dr Prichard a mis en garde contre l’octroi d’allégements fiscaux généralisés, comme contre le ciblage des petites entreprises du secteur informel. Il a au contraire recommandé d’intensifier les efforts d’imposition des plus riches et de combler les failles de l’impôt sur les sociétés, ainsi que de privilégier des améliorations ciblées de la numérisation de l’administration fiscale, en insistant sur le nettoyage et le partage des données. Reconnaissant les difficultés politiques de la réforme, il a souligné la nécessité pour les gouvernements d’instaurer la confiance avec les contribuables en renforçant la transparence et en démontrant des bénéfices concrets pour les citoyens. À lire, son blog cosigné avec le professeur Mick Moore : How should we tax after the pandemic?
La dernière session de la rencontre, organisée par l’OCDE et le DFID (devenu le FCDO), portait sur la fiscalité, le genre et l’impact de la Covid-19. La Dre Vanessa van den Boogaard est intervenue au sein de ce panel exclusivement féminin, aux côtés de Berni Smith (FCDO), Milly Nalukwago Isingoma (Uganda Revenue Authority), Varsha Singh (OCDE), la professeure Attiya Waris (université de Nairobi) et Joy Ndubai (Institute for Austrian and International Law). Son intervention portait sur le fait que les mesures d’allégement fiscal n’atteignent pour l’essentiel pas les femmes, en particulier celles du secteur informel, qui sont les plus vulnérables, et sur l’alourdissement de la fiscalité informelle qu’elles subissent à l’échelon local du fait de la crise. Elle a également évoqué la représentation des femmes dans les administrations fiscales africaines. En savoir plus sur le genre et la fiscalité dans le récent rapport Knowledge for Development, ici. Voir sa présentation ci-dessous :
Dans l’ensemble, la rencontre a donné lieu à des échanges éclairants sur l’impact de la pandémie sur la fiscalité en Afrique et sur les solutions et les voies de relance et de réforme que décideurs et administrateurs peuvent emprunter. Voir la déclaration finale de la rencontre ici. L’ICTD remercie l’ATAF, la CUA et la BAD de lui avoir donné l’occasion de participer, et se réjouit de poursuivre ces échanges.
Voir l’enregistrement de la première journée :
La session 2 commence à 1:48:00
Voir l’enregistrement de la seconde journée :
La session 6 commence à 2:15:00