Il est bien établi dans la littérature que les pays en développement lèvent une part plus faible de leur économie en recettes fiscales que les pays développés. Une partie de cet écart s’explique par une fraude fiscale relativement plus élevée dans les premiers. La littérature récente montre qu’accroître la disponibilité de l’information réduit la fraude, en augmentant la probabilité de détection. Peu d’éléments montrent en revanche comment la fraude réagit aux variations des taux d’imposition.
À partir de données commerciales très désagrégées, nous montrons que la fraude augmente lorsque les taux d’imposition augmentent. Cette relation ne se vérifie toutefois que si l’on utilise le taux effectif de fait, plutôt que le taux effectif de droit. Nous constatons également que la fraude passe par une sous-déclaration de la valeur des importations, ainsi que par l’étiquetage de produits fortement taxés comme des produits similaires moins taxés. Enfin, nous montrons que lorsque les coûts de transport et de transaction sont ignorés, le niveau de fraude est sous-estimé ; l’ampleur de cette sous-estimation dans l’élasticité estimée dépend de la manière dont ces coûts sont intégrés à l’estimation.